MyMicroInvest : le crowdfunding transforméen veritable outil d’investissement

September 21, 2015 — Updates — 8 minutes read

Contribution de Mme Isabelle Szczepanski (https://twitter.com/isabelleotto)

MyMicroInvest est une plateforme de financement d’entreprises née en Belgique et à vocation européenne. Elle a été créée en 2011 par Guillaume Desclée, ancien de Danone, José Zurstrassen, fondateur de SkyNet, fournisseur de services internet racheté par Belgacom puis de Keytrade, courtier en ligne racheté par le Crédit Agricole, ainsi que les anciens de la finance Olivier de Duve et Charles-Albert de Radzitzky. MyMicroInvest réinvente le crowdfunding avec un outil permettant à de jeunes entreprises de mener de véritables appels publics à l’épargne grâce à l’émission de prospectus certifiés par l’autorité belge des marchés financiers, puis, partant de là par toutes les autorités européennes. Chose qui leur était auparavant inaccessible du fait des coûts engendrés. Du point de vue des investisseurs, il ne s’agit plus de pré-achat ou de simple soutien charitable comme sur Kickstarter ou Ulule, mais de véritables prises de participation.

MyMicroInvest est une plateforme grâce à laquelle le terme « crowdfunding » est en train de devenir synonyme de véritable investissement et non pas de simple soutien sans retours. Avec le crowdfunding à la sauce Kickstarter, des projets qui rencontrent in fine du succès n’apportent aucun avantage à ceux qui les ont soutenu, si ce n’est, dans certaines conditions, la promesse de recevoir le produit une fois qu’il est conçu. « Ces plateformes de type Kickstarter ou Ulule permettent du pré-achat mais pas du véritable appel public à l’épargne», nous explique José Zurstrassen, chairman de MyMicroInvest. « Ainsi les gens qui ont financé Oculus Rift à ses débuts n’avaient pas de titres dont ils auraient pu profiter quand l’entreprise, qui avait été crowdfundée sur Kickstarter, a été revendue à Facebook. Les investisseurs sur MyMicroInvest possèdent, quant à eux, soit une véritable part de l’entreprise, soit un titre remboursable prouvant que l’entreprise a une dette vis-à-vis d’eux, c’est complètement différent », ajoute-t- il, « cela donne des investisseurs beaucoup plus pro-actifs ».

« Une fois la solution rodée, cela représente plus de liberté »

MyMicroInvest, projet né en 2011 et déjà solide, a pris une dimension nouvelle cet été grâce à une levée de fonds de trois millions d’euros, qui serviront en particulier pour le lancement européen de cette société Belge. MyMicroInvest (MMI), fondée par le spécialiste du micro-crédit Guillaume Desclée et le serial-entrepreneur José Zurstrassen, est une plateforme de levée de fonds aussi bien en « equity » qu’en dette. « Elle a la caractéristique d’émettre des prospectus qui peuvent être reconnus par l’autorité belge des marchés financiers afin d'effectuer des appels publics à l’épargne, ce qui lui donne une puissance toute particulière. MMI est aussi un véritable réseau d’investisseurs, pas moins 30000 investisseurs y sont inscrits à ce jour », explique José Zurstrassen. Son plus, c’est qu’elle utilise des procédures reconnues par l’autorité belge des marchés financiers (FSMA), et donc potentiellement certifiables dans toute l’Europe grâce à la Directive Prospectus ».
Quand son futur partenaire Guillaume Desclée est venu lui présenter le projet en 2009, José a insisté : « je lui ai dit que je voulais quelque chose de « compliant », je savais que ce serait difficile mais qu’une fois que la solution serait rôdée, nous aurions une plus grande liberté. Nous nous y sommes donc attelés. La société a été créée en juillet 2011. Puis entre juillet 2011 et novembre 2012 on a travaillé à sept sans aucun revenu... c’était un énorme travail !»

"Un marché européen"

Le coeur de MMI, c’est que « son système nous permet de créer des prospectus d’appel public à l’épargne à un prix très bas, à partir de 10000 euros au total : 5000 euros pour la rédaction, 5000 pour la
validation », s’enthousiasme José Zurstrassen. « Il faut savoir que le prix habituel d’un prospectus, qui comporte une documentation très lourde, se situe aux alentours de 170000 euros, et qu’un prospectus tel que celui de l’introduction en bourse de Facebook à couté pas moins de 93 millions de dollars pour 212 pages ! « . Il précise : « autant dire que ce genre de coût ne peut être assumé par des jeunes entreprises, et que grâce à MMI, elles ont désormais accès à une procédure d’appel public à l’épargne, qui a de nombreux avantages, pour un coût bien moindre ». Contrairement à d’autres formes de crowdfunding, autour desquelles les entreprises bénéficiaires ne peuvent pas communiquer, contacter des journalistes de manière pro-active ou faire de la publicité, les entreprises dont le prospectus a été accepté par une autorité financière peuvent en effet pratiquer un véritable « roadshow ». L’un des autres avantages, que l’équipe de MyMicroInvest va pousser au cours des prochains mois, est que les sociétés dont le prospectus a été reconnu par la FSMA peuvent, grâce à la fameuse directive Prospectus, atteindre tous les marchés européens grâce à un système de « passeporting ». « Tous les prospectus ne sont pas acceptés par la FSMA », nous confie José Zurstrassen, « il y a toujours un élément de risque, même pour les plus grandes entreprises, mais nous avons un excellent bilan à ce niveau. Une fois que le prospectus est avalisé, nous sommes également en mesure de proposer le « passeporting » qui permet à la société de faire un appel à l’épargne où elle le souhaite en Europe. Il y a un cout supplémentaire par pays, d’environ 2000 euros par pays supplémentaire, notamment pour la traduction du prospectus, ce qui est minime ». « Notre prospectus le plus cher, qui serait diffusé dans les 28 pays européens, atteindrait un maximum de 59000 euros, ce qui reste très compétitif ». « Cela dit, aucune entreprise ne s’est encore lancée dans les 28 pays via MyMicroInvest. La première qui le fera aura une énorme couverture de presse c’est certain ! », se réjouit-il d’avance.

"MyMicroInvest permet aux entreprises de choisir entre une émission d'actions ou une émission de dette"

D’un point de vue technique, MyMicroInvest permet donc aux entrepreneurs européens d’avoir accès à un outil puissant à cout limité, et ce sans devoir être cotées : « d’habitude, dans les procédures d’appel public à l’épargne si on distribue des actions ou obligations, on doit les coter. Pour éviter cela, nous distribuons des notes représentatives de l’intérêt économique dans le capital. L’entreprise n’est pas listée et peut continuer à vivre sa vie de jeune entreprise, car cette structuration permet de garder de la légèreté », précise José Zurstrassen. Autre détail qui a son importance : « MMI permet aux entreprises de choisir entre une émission d’actions ou une émission de dette, 45% préfèrent lever de la dette et conserver intacte la structure de leur actionnariat ».

A l’effet de levée de fonds de MMI, s’ajoute également l’effet d’augmentation des ventes ou de l’usage. Ainsi, José Zurstrassen nous explique l’histoire de News Monkey, média en flamand qui a rassemblé un lectorat de 1,2 million en un an du fait de l’enthousiasme lié à sa levée de fonds. « 1,2 million, c’est énorme, c ‘est un cinquième de tous les gens qui parlent flamand dans le monde, car le flamand ce n’est pas du néerlandais ».

"La psychologie de l’investisseur est très différente de la psychologie du pré-acheteur."

« Outre la levée de capital et l’accélération de la croissance, une opération sur MMI a un troisième effet : on se retrouve avec quelques dizaines, centaines ou milliers de personnes qui ont investi. Or la psychologie de l’investisseur est très différente de la psychologie du pré-acheteur. Ces gens en parlent, sont mus par un affectio societatis... Avec la bonne communication, cette relation continue et elle peut être très utile ». Pour preuve, José Zurstrassen cite l’exemple de Domobios : « En 2013 : Domobios a mis au point une couverture qui est un piège anti-acariens avec des féromones. Les acariens montent dans la couverture, puis on la met à la machine à laver. Avant il fallait mettre des pesticides sur son matelas, et là on a produit naturel. Quand ils ont commandé leur premier stock, le cash flow de la société était très bas et ils avaient besoin de vendre sans en avoir la structure. Il leur fallait notamment vendre à des pharmacies, sans pouvoir payer des visiteurs médicaux, qui coutent très cher, alors ils ont demandé à leurs investisseurs de passer dans leur pharmacie et de présenter le produit... leur s93 investisseurs sont en fait, sans qu’on leur demande, passés dans plusieurs centaines de pharmacies ! En une semaine, ils étaient en rupture de stock ».

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